Les 7 bénéfices du storytelling sur votre vie | Une feel good story

Écrire son histoire, ça fait du bien. Écrire sur soi, écrire pour soi, ça peut même  aider à guérir. C’est ce qui s’est passé dans mon cas. Et c’est ce que je vais vous expliquer dans cet article. Quand nous écrivons, nous plongeons dans un état second. « Nous sommes en tête-à-tête avec nous-même », dit Hélène Bah-Ostrowiecki, maître de conférences à l’université de Marne-la-Vallée. Le storytelling personnel – qui n’est pas le personal branding – est un instant qui permet de s’accorder une pause. Et ce n’est pas si évident quand il faut faire face à toutes nos tâches quotidiennes. Voici les 7 bénéfices du storytelling  sur votre vie. Pour que vous deveniez enfin le héros de votre histoire.

 

Sommaire de l’article :

  1. Écrire pour dépasser un moment difficile
  2. Écrire pour remettre de l’ordre dans votre vie
  3. Écrire pour changer de perspective sur votre existence
  4. Écrire pour se libérer d’un trop-plein d’émotions
  5. Écrire pour une véritable introspection
  6. Écrire pour donner du sens
  7. Écrire pour affirmer votre identité

 

7 exemples de storytelling personnel et comment ils peuvent changer votre quotidien

 

1-Le storytelling pour dépasser un moment difficile.

Parmi les bénéfices du storytelling sur votre vie, il y en a un d’évident : l’aspect thérapeutique.

Pour que vous compreniez plus facilement, laissez-moi vous raconter l’histoire d’un petit carnet à couverture grise.

Je me souviens très bien où je l’ai acheté et à quel moment. C’était à Monoprix, dans une galerie marchande. La date de l’achat, je ne l’oublierai pas non plus.

C’était au début du mois d’août 2016. Je venais de quitter mon précédent job. Plutôt, de claquer la porte. Vaincu par un mal que je n’ai pas identifié tout de suite.

La psychologue m’a parlé de dépression. En fait, j’étais émotionnellement à bout. J’avais trop travaillé pendant un an et demi. J’étais devenu une sorte de “workaholic”. Et j’en ai fait les frais.

Pas de vacances, peu de jours de repos, malgré les injonctions des supérieurs.

 

Avant de craquer, j’étais commercial pour une marque de voiture. Je voulais faire du chiffre. Me prouver et prouver à mes proches que j’avais réussi ma reconversion professionnelle. Je n’ai pas pris de vacances, peu de jours de repos, malgré les injonctions de mes supérieurs.

Mes bons résultats ont convaincu un concurrent qui a voulu me recruter. Là aussi, des amis m’ont averti. Me conseillant de bien y réfléchir. Mais j’ai dit oui.

C’était reparti pour un round.

Seulement voilà. Je suis effondré. Épuisé, je ne trouvais pas ma place dans la nouvelle équipe. J’ai quitté la nouvelle boîte. En moins d’un mois, je suis passé de la réussite (bon salaire, super équipe, job qui me plaisait) à… plus rien.

Plus de job, plus d’argent pour payer les factures. Plus de vie sociale. Le cauchemar. Avec la logique infernale : perte de confiance, difficultés financières, dépression.

Comment je m’en suis sorti ? J’ai été très soutenu par ma femme. J’ai fait beaucoup de sport, pour évacuer toutes mes angoisses. Et j’ai rempli mon journal quotidien. Mon carnet à couverture grise.

J’y griffonnais mes frustrations. Mes réflexions.

Ce qui m’a fait beaucoup de bien, car je voulais épargner le plus possible mon entourage avec mes angoisses.

Surtout, la thérapie a débuté quand j’ai essayé de retenir les côtés positifs de ce qui m’arrivait. C’était le début de ma résilience.

 Le 12 décembre, nouveau boulot, nouvelle équipe sympa.

Cinq mois après, j’étais de nouveau sur pied. C’était le 12 décembre. Avec un nouveau boulot, une nouvelle équipe sympa. Et un patron humaniste.

Que devez-vous en retenir ?

Tout simplement les propos de James W. Pennebaker, professeur de psychologie à l’université du Texas, pionnier de la writing therapy.

Ses recherches ont prouvé que vingt minutes d’écriture quotidienne, sur des moments difficiles ou éprouvants de nos vies, renforcent le système immunitaire.

Mon petit carnet à couverture grise, je l’a toujours sur mon bureau. Parfois, je le mets dans mon sac. Et vous savez la meilleure ? Souvent, je le relis.

Je me remémore alors mes difficultés du moment. Et ces pages agissent comme un avertissement. Un rappel à l’ordre : workaholic ? Plus jamais !


2-Le storytelling pour remettre de l’ordre dans votre vie.

Ce n’est pas si facile de démêler le futile de l’essentiel dans nos vies. Laure d’Astragal, auteur de J’écris ma vie pour mieux me connaître”, éditions Albin Michel, estime que le journal intime (ou carnet de bord, appelez-le comme vous voulez), permet de revisiter notre histoire : « L’introspection laisse alors place à une forme de réflexion, qui tend à faire le point, à poser des questions, qui cherche à comprendre. »

L’écriture nous encourage à porter sur nous un regard bienveillant, moins critique.

Laure d’Astragal, ingénieur de formation, également professeur de yoga, propose depuis 2006 des exercices pour tisser le fil rouge de nos expériences, éveiller en nous le plaisir d’écrire.

Selon elle, l’écriture nous encourage à porter sur nous un regard bienveillant, moins critique. Ce qui nous aide à évacuer les idées noires qui viennent trop souvent percuter notre quotidien.

Nos vies sont emmêlées, avec plusieurs sujets de préoccupation : les enfants, le conjoint, le boulot, les parents, etc.

L’écriture quotidienne va nous pousser à faire des choix narratifs (nos dernières vacances, notre premier enfant, notre rencontre amoureuse), qui seront les pierres angulaires de notre récit.

« Pour rédiger un récit, explique Emily Esfahani Smith, experte en psychologie positive, nous devons assembler les morceaux disparates, et nous allons ainsi créer un ensemble plus cohérent qui va nous permettre de mieux comprendre notre vie. »

 

storytelling - bénéfices _ Roméo et Juliette

Storytelling – bénéfices : que serait la pièce Roméo et Juliette sans épreuves à surmonter ? Pas grand chose. Idem pour nous, les épreuves font partie de nos vies.

 


3-Le storytelling pour changer de perspective sur votre existence.

Quels que soient les obstacles rencontrés, ils sont essentiels pour un bon récit. Car enfin, que serait un héros sans épreuves à surmonter ? Un film d’une prodigieuse monotonie.

Que vaudrait Roméo et Juliette s’ils s’étaient rencontrés, aimés et mariés avec le consentement de leurs familles respectives ? Une pauvre pièce. Et Shakespeare serait déjà oublié.

Et Superman, s’il ne redoutait pas la kryptonite, vous pensez vraiment qu’il nous toucherait autant ?

Par analogie, que seraient nos existences sans les difficultés auxquelles nous devons faire face ?

Elles seraient d’un terrible ennui.

Vous avez envie de vous retrouver dans un appartement, seul(e), sans piment quotidien, sans événements fortuits ?

Au contraire, vous devez devenir votre super héros du quotidien. Scénarisez votre vie !

Vous êtes un super héros, je vous dis.

Un exemple : votre client irascible, qui remet sans cesse en cause votre travail, dressez son portrait dans votre carnet de bord.

Forcez le trait sur ses côtés négatifs : son teint grisâtre comme ses pantalons de velours, son haleine fétide dès le matin, et sa vie de m… En face, vous, fort(e), épanoui(e), compétent(e).

Toutes ces qualités qui vont vous permettre de clouer le bec au fâcheux. Et de l’effacer de votre fichier pour toujours.

Vous êtes un super héros, je vous dis.


4-Le storytelling p
our se libérer d’un trop-plein d’émotions.

 

bénéfices du storytelling _ une main féminine en train d'écrire

Parmi les bénéfices du storytelling : écrire permet de poser sur soi un regard bienveillant.

 

Beaucoup d’écrivains ont souligné les vertus cathartiques des mots. Laure d’Astragal en est convaincue : « Coucher sur le papier ses émotions et ressentis douloureux, soulage. »

C’est une autre preuve des bénéfices du storytelling.

Toutes les pollutions intérieures, qui génèrent stress, inquiétudes, mélancolie, sont évacuées vers l’extérieur de soi.

Avec tout le bénéfice possible. Stéphanie Assante, auteur de “La vie dont vous êtes le héros” (Mango) insiste sur les nuisances provoquées par le refoulement : « Ce qui ne s’exprime pas s’imprime dans le corps. Le mal-être vient du déni et du refoulement. »

Écrire ses pensées permet de gérer les émotions négatives

Pour finir de vous convaincre, écoutez plutôt ce que disait Mathew Dylan Lieberman, dans son article de recherches intitulé Putting feelings into words, paru en 2007.

Il y explique qu’écrire ses pensées permet de gérer les émotions négatives. Soutenant ses travaux grâce à la technologie de l’IRM (images à résonance magnétique), le professeur et directeur du laboratoire de neurosciences cognitives sociales à l’université de l’UCLA, a établi que le fait d’exprimer ses sentiments a un impact sur l’activité de la zone amygdalienne (qui fait partie du système limbique du cerveau, siège de la peur et de l’anxiété).

Pour faire simple, plus vous écrivez sur vos émotions, plus vous vous soulagez de vos peurs.

 
5-Le storytelling pour une véritable introspection.

Outre l’effet cathartique prouvé par les travaux de Lieberman, écrire votre histoire vous donne l’opportunité d’enfin réfléchir sur vous-même. Vous vous accordez une pause salvatrice pour mener votre introspection.

Je sais, vous aller m’opposer qu’il n’est si facile de vous accorder du temps avec votre emploi du temps surchargé. Mais relisez bien les chapitres précédents.

Quand vous faites la somme des bénéfices, est-ce que ces 20 minutes quotidiennes d’écriture solitaire ne valent pas la peine ?

Je ne vous demande pas 20 minutes supplémentaires.

Simplement, ce quart d’heure que vous passez à scroller sur le fil d’actualité Facebook, accordez-le à votre bien-être.

 

bénéfices du storytelling _ photo d'une personne en train d'écrire

Parmi les bénéfices du storytelling sur votre vie, les bienfaits thérapeutiques prouvés par la science. Photo by NeONBRAND on Unsplash.

 

Vous verrez. Au début, vous y verrez une (légère !) contrainte. Ensuite, l’exercice deviendra accoutumance. Et quel plaisir, quand, un mois, deux mois après avoir commencé, vous ressentirez les bienfaits de cette thérapie.

Je me souviens très bien des premiers commentaires de mon entourage, suite à la rédaction de mon histoire.

Ma femme voyait mon optimisme grandissant malgré mes difficultés.

Sans parler des résultats que j’ai obtenus (nouveau challenge enthousiasmant dès le mois de décembre).


6-Le storytelling p
our donner du sens.

« Je pense, donc je suis », disait Descartes. J’ajouterais : « J’écris pour moi, donc je pense, donc je suis. » Finalement, l’exercice quotidien qu’est l’écriture reste un rendez-vous avec soi-même.

En respectant les règles du récit (héros = moi ; quête = notre objectif ; conclusion = dénouement heureux), le storytelling agit comme un pansement sur nos plaies psychologiques.

Deux éléments incontournables du storytelling interviennent dans la recherche de sens :

  • La quête = le pourquoi ? de ce que nous entreprenons au quotidien.
  • Le dénouement = entraînement mental à l’optimisme. Il n’est pas question pour vous, le héros, de minimiser la difficulté de votre quête. Bien au contraire. Je vous encourage, comme je l’ai fait, à en rapporter tous les aspects (financiers, familiaux, psychologiques). Vous ne devez pas vous mentir.

Votre guérison sera d’autant plus rapide que vous vous attacherez à mettre en valeur les efforts que vous avez fournis.

C’est ce que j’ai fait en écrivant avec moult détails mes rendez-vous avec Pôle Emploi, les salons métiers où je me rendais, les échanges que j’ai eus avec les recruteurs.

Ce n’est pas ce que j’ai réalisé qui est le plus important, mais la façon dont je l’ai interprété.

Isabelle Minière, psychologue et hypnothérapeute, le dit précisément : « Noter chaque soir les cinq événements positifs vécus dans la journée permet de les revivre, bien sûr, mais surtout de les laisser infuser. C’est un moyen d’être plus attentif à ce qui arrive de beau, de bien, de bon. » Un autre exemple de storytelling personnel


7-Le storytelling p
our affirmer votre identité.

Catherine Maillard, journaliste et auteure, a rappelé dans un article paru dans le site Doctissimo que le storytelling nous permet de reprendre le contrôle de nos vies.

En définissant notre propre histoire et les progrès que nous réalisons, nous affirmons notre identité. Notre quête est différente des autres. Les leçons que nous en tirons, aussi.

Nous avons notre propre histoire, avec les ennemis toxiques, les amis fidèles.

Le professeur Dan P. MacAdams, président du département de psychologie de la Northwestern University, dans un article intitulé What does narrative identity do ?, a développé le concept d’identité narrative.

D’après lui, nous créons tous un récit internalisé. Nous avons notre propre histoire, avec les ennemis toxiques, les amis fidèles, les guides spirituels / mentors, notre quête, le dénouement que nous en espérons. Et les leçons que nous en tirerons.

Comme tout bon scénario hollywoodien.

Ce storytelling forge notre identité. Quand nous rencontrons d’autres personnes, nous les invitons à partager leur propre récit avec nous (des bribes ou l’intégralité, tout dépend le contexte).

Tous ces récits en disent long sur ce qui nous définit : nos valeurs, notre pourquoi… et nos rêves.

 

Mes 5 conseils pour construire votre narrative identity ou storytelling personnel

 

Voici les conseils sur je vous donne pour construire votre narrative identity ou storytelling personnel, à partir de ma propre expérience :

 

Votre support est important

Bannissez les applis de smartphone ou les solutions informatiques. Je vous demande d’acheter un bon vieux carnet dont vous serez “amoureux”, que vous aurez plaisir à manipuler, à sentir. Il ne doit pas être encombrant ni trop lourd. Ou vous ne l’amènerez pas avec vous.

 

Votre carnet doit vous suivre le plus souvent possible

Vos réflexions peuvent surgir dans le bus, ou chez le médecin.

 

Ne négligez pas les détails

Comment vous êtes-vous senti à ce moment ? Quel temps faisait-il ? Tous ces détails vont impacter votre récit.

 

Ne vous mentez pas

Ne sous-estimez pas la difficulté que vous devez surmonter. Ni les efforts fournis. Ils font partie du processus de guérison.

 

N’ayez pas peur du ridicule

Peut-être que votre quête peut sembler insignifiante pour d’autres. Mais pour vous, elle est de taille.

C’est la force du parcours qui compte.

 

Damien RICAUT, storyteller.

 

PS : le storytelling vous passionne ? Suivez ce lien pour comprendre comment l’appliquer à votre entreprise si vous êtes freelance ou que vous travaillez dans la communication.

4 commentaires

Maria · 27 décembre 2018 à 22 h 59 min

Super article! Je reconnais tout à fait les 7 bénéfices de l’écriture. J’étais au fond du trou quand je me suis mise à écrire et c’est ce qui m’a fait cheminé au plus profond de mon être. J’ai d’abord ouvert mon blog comme une thérapie, cela m’a fait découvrir le développement personnel et trouvé ma voie. Ce à quoi j’aspire vraiment. J’ai par la suite suivi de nombreuses formations et j’ai lancé ma 1ere formation aujourd’hui. Jamais je n’aurai cru en arriver là il y a quelques mois encore grâce à l’écriture. Que du positif pour moi. Bravo pour cet article Damien.

    Damien Ricaut · 28 décembre 2018 à 16 h 32 min

    Merci Maria pour ce commentaire touchant. L’écriture a été pour toi une vraie thérapie (comme pour moi) et en plus tu as trouvé ta voie professionnelle. Je te souhaite vraiment tout le succès possible.

Lana · 24 janvier 2019 à 21 h 48 min

Merci d’avoir très bien structuré les bénéfices de l’écriture. Je me reconnais un peu dans ton histoire, un peu dans celle de Maria. Il y a 8 ans, je traversais une période éprouvante. Je ne savais pas qu’on pouvais aller aussi mal… Je sentais qu’il fallait que ça sorte, mais je tournais en rond. Un jour, je ne sais pas comment, je me disais que je vais faire un blog. Quelques jours et nuits plus tard, et un boulot au milieu ;-), mon blog est né. Et j’ai écrit, écrit… Pendant un an. Et puis hop ! J’ai arrêté net. J’allais mieux. Aujourd’hui, j’ai envie à nouveau, de faire un blog. Un autre. Non pas parce que je vais mal. Juste parce que j’ai envie d’écrire et de partager mes élucubrations. Merci encore Damien pour ce beau et juste texte.

    Damien Ricaut · 25 janvier 2019 à 10 h 51 min

    Bonjour Lana,
    J’ai attendu au moins 24 heures avant de répondre à ton commentaire, tellement il m’a touché. Déjà, tes remerciements m’encouragent, car je me trouvais un peu ridicule quand même à confier mes difficultés. Surtout, je vois que je ne suis pas le seul à trouver une thérapie et une aide dans l’écriture.
    L’envie d’écrire te reprend pour partager ce que tu vis. Je ne peux que t’encourager à le faire. Je ne sais pas si c’est le cas pour toi, mais moi, sans l’écriture, je ne sais pas où j’en serais aujourd’hui.

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