Vous n’en avez pas marre de ces textes “light” qui envahissent le web ? Aussi impactants qu’un discours de Hollande…

(Le light, le fast, vous aimez ? Alors n’allez pas plus loin. Cet article n’est pas fait pour vous.)

Vous n’en avez pas marre de ces textes “light” qui envahissent le web ? Vite écrits, bien optimisés, et aussitôt… oubliés. Avec toujours leurs mêmes titres bien formatés : “Mes 5 astuces pour…”, “les 7 conseils pour”. 800 mots en tout, aussi impactants qu’un discours de François Hollande. Aussi originaux qu’un roman de gare. Bref, de la cuisine pré mâchée. Sans saveur.

 

illustration d'un ogre (Google pour cet article) qui menace un homme (le gentil rédacteur).

Rédacteur, nourris l’ogre Google.

 

Ne vous méprenez pas. Ces productions ne visent pas à vous faire progresser, à vous rendre meilleurs. Non, elles sont pondues pour nourrir le Dieu Google. Pour que cet ogre fasse vite remonter les acheteurs de ces textes “digest” dans les résultats de recherche et qu’ils atteignent le Graal de la première page.

Comme me l’a dit en rigolant une responsable pédagogique d’une école de stratégie marketing : « Le contenu, on s’en fout ! Ce qui compte, c’est les résultats dans les moteurs de recherche. » J’aurai pendant longtemps son rire en tête quand elle m’a dit ça. Et moi, face à elle, tout penaud, avec mes cours sur la structure d’un texte et les styles journalistiques.

 

Comme il y a la “slow food”, il y a le “slow writing”

Comme un heureux présage, un phare dans le brouillard, deux heures plus tard, j’entendais à la radio la sortie d’une nouvelle revue, Zadig. Un journal au temps long créé par Éric Fottorino (qui fait suite à America). Comme il y a la slow food, il y a le slow writing. Avec des textes qui prennent le temps :

  • d’aller au fond des choses ;
  • d’écouter ceux qui témoignent ;
  • de relater avec la place nécessaire.

Il y a beaucoup de pros des mots. Rédacteurs web, écrivains, journalistes, etc. Avec chacun sa spécificité. Tous ne parlent pas la même langue. Pour moi, la distinction se fait entre ceux qui veulent d’abord nous rendre meilleurs et vendre leur production. Et ceux qui veulent d’abord vendre leur production, et, si possible, nous rendre meilleurs.

Dans la première, il y a tous ceux qui sont déterminés à faire vivre une vraie aventure éditoriale à leurs lecteurs. À tenter de nouvelles expériences de rédaction. Parmi ces courageux, vous l’avez compris, il y a Éric Fottorino et son équipe. Ce sont des auteurs.

 

S’intéresser aux gens et pas qu’à Google

Zadig est une revue qui prend le contre-pied total de la “digest” (ou light) rédaction. Zadig part sur le temps long. Elle va au fond des choses. Elle s’intéresse aux gens et pas qu’à Google (de toute façon, elle n’est qu’en édition papier). Bref, on est dans l’humain.

 

Un slow rédacteur - photo d'une jeune femme qui écrit à sa table.

Pour devenir une rédactrice qui prend le temps d’aller au fond des choses (Photo Hannah Olinger-unsplash).

 

C’est pour ça que cette revue est pour moi une référence. Elle reflète si bien ce que je défends dans l’écriture auprès de mes élèves en rédaction web. Pour rappel, je ne m’adresse pas aux professionnels des mots, mais à des entrepreneurs qui veulent s’exprimer dans leur blog ou les réseaux sociaux.

Pour ces courageux, je défends un style hybride, entre rédaction web optimisée pour Google et articles de journalisme. Ils deviennent un entrepreneur / journaliste web qui mène des enquêtes, affirme va vérité et ne se contente pas de faire du copier-coller. Pas de danger de duplicate content tant honni par Google. Que du real content.

 

Ses écrits doivent refléter la compétence de Sophie, certes, mais surtout ce qui la fait vibrer.

 

Pour vous expliquer mon point de vue sur la rédaction web, je vous propose d’entendre l’histoire de Sophie, une de mes élèves.

Sophie, ma rédactrice web du jour, est une jeune designeuse, passionnée de développement personnel. Elle a un profil slasheuse. Elle espère proposer des coachings bien-être d’ici quelques mois. Pour cela, elle suit des cours. Et elle débute des articles sur son blog.

Pour se démarquer de sa concurrence, elle ne va pas faire comme eux. Avec des “light” posts. Non, elle va parler de sa spécificité, de son histoire, de ce qui est important pour elle. Car ses futurs clients vont s’adresser à elle d’abord pour sa personnalité. Ses écrits doivent refléter sa compétence, certes, mais surtout ce qui la fait vibrer. Pourquoi elle fait ce coaching. Elle fait du storytelling. Comme dans les écoles de journalisme.

 

Rédacteur, vous aussi, vous pouvez embarquer les autres dans une belle aventure

Je vous vois venir : « Mais, ces articles dont tu parles, Damien, je ne peux pas faire ça, j’en suis incapable ! »

 

photo d'un rédacteur qui écrit avec un stylo plume

Vous aussi vous pouvez faire ressentir des émotions avec vos écrits.

 

Je suis conscient que tout le monde ne s’appelle pas Hemingway ni Jack London. Je ne suis pas Hemingway ni London. Peut-être que vous vous en rapprochez… Tant mieux. Peu importe finalement, vous aussi vous pouvez faire ressentir des émotions avec vos écrits. Vous aussi, vous pouvez embarquer les autres dans une belle aventure. Il y a des réflexes simples à avoir (de l’entraînement).  Il vous faut surtout parler avec vos tripes.

 

Un manifeste du “slow rédacteur”

 

Voici le manifeste que j’ai élaboré, pour être un rédacteur web différent. Un “slow” rédacteur, quoi.

  • Pensez Stratégie Océan bleue, éloignez-vous des marécages où se débattent les autres.
  • Google est un moyen, pas une fin.
  • Votre singularité n’est pas une tare, mais un atout.
  • Levez vos blocages en tâtonnant, en expérimentant.
  • N’ayez pas peur d’assumer un ton différent.
  • La recherche d’informations passe avant la quête du netlinking.
  • Oubliez le content spinning*, privilégiez le content marketing.
  • Avant d’être un chef de produit, vous êtes un producteur de contenu.
  • Si vous devez prendre la parole dans les réseaux sociaux, concentrez-vous sur un support.
  • Aucun article n’est écrit pour vendre, il apporte d’abord de la valeur.
  • Le lecteur-cible, vous avez peu de chances de l’identifier tout de suite. Alors, prenez le temps. Devenez un slow rédacteur.

En devenant slow rédacteur, devancez les ambitions de Google

En conclusion, le rédacteur web hybride, ou slow rédacteur, se démarque car il pense d’abord à son lecteur.  Il ne se concentre pas sur l’optimisation et le référencement naturel. Il sait que de toute façon, il y aura d’autres concurrents dans son secteur qui optimiseront toujours mieux que lui leur production. Ils finiront toujours devant lui sur la grille d’arrivée des moteurs de recherche.

 

Votre cerveau veut un morceau charnu, complet et… savoureux. Pas du “light”, quoi.

 

Vient la question de l’optimisation Seo (search engine optimization). Mais dans référencement naturel, il y a bien “naturel”, non ? En agissant ainsi, en devenant slow rédacteur, vous devancez les avancées naturelles de Google. Avec Rank Brain, Google donne le ton. Il veut copier de mieux en mieux le comportement de notre cerveau. Et quand notre cerveau cherche une info, il ne veut pas des pièces prédigérées, disséminées dans plusieurs articles. Il veut un morceau charnu, complet et… savoureux. Pas du “light”, quoi. Mais des bons mots.

Avec sa voix singulière, le slow rédacteur attire une communauté avec un bon article pour les réseaux sociaux, le blogging. C’est plus long, c’est sûr, mais c’est un travail durable qui va laisser des traces indélébiles. Le slow rédacteur ancre son message profond dans l’inconscient de l’internaute. Comme un bon journaliste de Zadig. Tous deux font vivre une aventure éditoriale aux gens.

Damien Ricaut, storyteller

(*content spinning, technique de Seo très borderline qui consiste à répéter plein de textes avec des mots de sens proches pour éviter le duplicate content et surtout obtenir un meilleur référencement).

2 commentaires

Isabelle Bidel · 29 mars 2019 à 7 h 26 min

Bonjour,
Tout à fait d’accord. Je débute dans le métier mais j’écris pour mes lecteurs, ils sont mon cœur de cible.
Bonne journée

    Damien Ricaut · 29 mars 2019 à 14 h 16 min

    Bonjour Isabelle,
    C’est très bien si tu fais ça tout de suite alors que tu débutes dans le métier. Tu prends de bonnes habitudes qui vont te servir à démontrer ta crédibilité et à bâtir une communauté solide. À bientôt, Damien.

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