La routine quotidienne, c’est fait pour “God”, pas pour vous… À moins que vous ne vous preniez pour “God”

 

Dessin d'Éric Clapton en train de fumer.

“God” Clapton grattait sur sa six cordes jusqu’à 3 heures du mat’ tous les jours. Vous êtes prêts à ça, vous ? (Mais il souffrait d’une blessure profonde).

 

Il paraît que nous les entrepreneurs, avons besoin d’une routine quotidienne pour réussir. Ah bon, première nouvelle…

Vous voulez d’une routine quotidienne, vous ? Vous êtes d’accord avec les gourous du développement personnel, qui défendent cette habitude décrite comme salvatrice, génératrice d’efficacité et d’inspiration ?

Franchement, si vous êtes OK avec ça, vous m’étonnez… Et vous pensez réellement que ceux qui vous poussent à appliquer cette « routine si pleine de vertus », se l’appliquent à eux-mêmes ?

Si vous êtes entrepreneur, freelance, c’est d’abord que ce que vous faites vous passionne, non ? C’est aussi parce que vous êtes épris de liberté, que vous voulez vous organiser comme bon vous semble. Ai-je raison, ou pas ? Bon alors !

Dès qu’on me parle de routine, je pense à la chanson de Jacques Brel, « les Vieux ». Où le poète raille le monotonie, l’absence d’âme. L’ennui, quoi. Et l’ennui, vous le savez comme moi, c’est mortel.

Mais bordel, entreprendre, c’est bosser jusqu’à 23 heures si ça nous chante. Puis aller au sport à 10 heures si on en ressent le besoin pour évacuer notre trop-plein de stress (ça, par contre, faites-le, ce n’est pas une perte de temps).

J’ai tout plaqué à cause de la routine. Elle a tué ma passion

J’ai été chef d’agence dans la presse quotidienne. Croyez-moi, mieux vaut être organisé pour affronter les contraintes quotidiennes et pouvoir réagir en cas d’actu chaude (c’est d’ailleurs le sel du métier). Mais à partir du moment où ce job est devenu une routine pour moi, j’ai voulu le quitter.

Je suis devenu formateur en rédaction web et storytelling, pour aider les entrepreneurs divergents à se faire connaître. J’estime que mon quotidien n’est pas rythmé par la routine, mais au contraire par la diversité des missions. Mes élèves sont mes sources d’inspiration.

 

Mais pourquoi pas une liste de tâches à réaliser ? C’est suffisant.

 

Je défends plutôt une conception « jazzistique » du travail. C’est-à-dire des accords de base pour structurer. Et une adaptation au fil de l’inspiration.

Donc, chaque semaine :

  • Je me fixe un emploi du temps avec des objectifs écrits pour structurer les grandes lignes (mes objectifs hebdomadaires).
  • Je m’accorde des plages souples pour les imprévus ou le sport.
  • Je rédige tous les jours une liste de tâches à accomplir pour le lendemain.

Mais je refuse toute idée de routine.

Ne laissez pas les gourous autoproclamés vous dicter votre comportement

À vous de trouver votre rythme. Vous êtes matures. Vous connaissez vos habitudes de travail. Vous savez quand et comment vous organiser pour être efficace. Ne laissez pas les gourous autoproclamés vous dicter votre comportement.

« Je vous ai apporté des bonbons, chantait l’immense Jacques, parce que les fleurs, c’est périssable. » J’ose le dire. Votre motivation, votre inspiration est « périssable » aussi. Alors, ne les étouffez pas avec une routine quotidienne.

 

Quand je donne mes cours en rédaction web, je ne demande pas à mes élèves d’écrire 1 000 mots par jour. Ou je les condamne par avance…

 

Au contraire, enthousiasmez-vous, soyez passionné. Le monde meurt de tous ces gens raisonnables. Entreprendre, devenir freelance, c’est être totalement déraisonnable. Vous avez fait ce choix un peu dingue. Alors, assumez-le, nourrissez-le, mais ne le condamnez pas par avance avec l’ennui.

Quand je donne mes cours en rédaction web, je ne demande pas à mes élèves d’écrire 1 000 mots par jour. Jamais, malheureux ! Soyons réalistes. Au mieux, ils feront ça deux, trois jours, voire deux semaines pour les plus motivés. Après, ils vont jeter l’éponge. Et c’est normal.

S’astreindre à écrire 1 000 mots par jour, ça vaut pour les professionnels de la rédaction (rédacteur web freelance, journalistes, écrivains publics, etc.) Mais pas pour des créateurs d’entreprise ou des freelances comme vous ou comme mes clients, qui veulent se faire connaître sur le web.

Vous n’êtes pas Stephen King, moi non plus…

J’ai lu pas mal d’articles sur le sujet de la routine à respecter. Leurs auteurs citent Stephen King.

C’est vrai, ce géant de l’écriture ne passait pas un jour sans accoucher de ses 1 000 mots. Mais vous n’êtes pas Stephen King. Je ne suis pas Stephen King. Cet immense écrivain a un truc en plus que nous n’avons pas : une imagination foisonnante. Donc, cette routine lui permet surtout de structurer sa pensée, de l’ordonner. Il est hors catégorie.

Tout comme mon écrivain favori, Jack London. Lui aussi, ne passait pas un jour sans écrire ses 1 000 mots (décidément, c’est à croire que l’écriture n’est que comptable). Mais big Jack était aussi une machine à créer.

 

“God” Clapton passait ses nuits à gratter sa six cordes. Vous êtes prêts à ça, vous ?

 

Vous voulez un autre exemple ? En ce moment, sort un film énorme au cinéma (“Éric Clapton, Life in 12 bars”), sur la vie d’un des plus grands guitaristes de blues, Éric Clapton, surnommé “God” par ses fans. Vous y apprenez que ce musicien, dès son adolescence, passait ses nuits, jusqu’à 3 heures du mat’, à gratter sa six cordes. Et le matin, il se levait pour aller à l’école. Vous êtes prêts à ça, vous ?

Moi, non. Car, vous n’êtes pas “God”. Clapton s’est jeté dans la musique pour soigner une blessure profonde (l’abandon de sa mère). Mozart était poussé par son père. Michael Jackson aussi. Avec les dégâts qu’on sait sur son développement psychologique…

Alors, avant de vous assommer avec une routine ou des habitudes quotidiennes, écoutez-vous ! Vous ne souffrez pas d’une blessure profonde. Vous n’êtes pas des enragés du travail.

Vous voulez vivre d’une passion, d’un métier qui vous vibrer, et vous avez raison. Mais n’en faites pas un sacerdoce. Je vous en supplie. Ou vous allez tout plaquer.

Damien Ricaut, storyteller


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