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Pascale Quaglia, psychothétapeute devenue entrepreneuse à 64 ans

Épisode n°1.

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Pascale Quaglia : officiante de cérémonie, entrepreneuse, psychothérapeute

« N’attendez pas d’être parfaits pour faire quelque chose »

 

Une histoire inspirante : Pascale Quaglia, entrepreneuse à 64 ans, psychothérapeute, officiante de cérémonie… Je dois vous faire une confidence. Il s’est passé quelque chose de très spécial pendant cet entretien. Pas lors de la première écoute. J’étais trop concentré sur mes questions (c’était mon premier podcast !). C’est intervenu le week-end suivant mon entretien, en post-production. À tête reposée, je prenais enfin le temps d’écouter le récit biographique de Pascale. De m’en imprégner. Et le sens caché de ses mots m’est apparu. Comme une évidence. Comme si j’étais happé par une dimension spirituelle, moi, le féru de maths, d’histoire politique… J’étais bien, serein. Un récit de vie comme celui de Pascale, je vous invite à l’écouter au moins deux fois. Pour vous laisser porter. Et je veux bien que vous me disiez si vous avez été touché comme moi… par une sorte de paix intérieure.

Sommaire (pour les pressés) :

 

 

Pascale Quaglia : en bref
Une histoire inspirante et un modèle de reconversion professionnelle !

Pascale Quaglia est originaire de Toulon (Var).
À 64 ans, elle a créé une activité d’officiante de cérémonie en freelance dans la région d’Annecy, en Haute-Savoie. 

  • Elle a été psychothérapeute (dès 1983) ;
  • responsable d’une équipe d’animateurs dans la réinsertion ;
  • responsable d’accompagnement de détenus (jusqu’en 1995) ;
  • aumônier au centre gérontologique de Marseille ;
  • animatrice en pastorale au diocèse de Marseille ;
  • sans compter tous les petits boulots qu’elle a effectués, dont serveuse.
  • Bref, une page de CV n’y suffirait pas pour tout énumérer.

Pour résumer, sa vie professionnelle est dédiée à l’écoute des autres, pour les soutenir dans des moments douloureux et/ou importants.
Voilà pourquoi son activité d’officiante de célébration vient comme un aboutissement pour toute cette carrière.

Pascale est multi-diplômée :

  • En 1974, bac de sciences médico-sociales.
  • Entre 1980-1988, elle se forme à l’analyse transactionnelle.
  • En 1999, elle décroche une maîtrise en sciences de l’Éducation.
  • Entre 2009-2013, elle obtient un diplôme de formation à l’Apostolat et à la Pastorale.

– Récit biographique | Mon interview de Pascale en version  écrite et résumée (l’intégralité de l’entretien est disponible sur le podcast Les Divergents – lecteur ci-dessus)

Les Divergents : « Bonjour Pascale, tu es donc officiante de célébration. Le moins qu’on puisse dire, c’est que tu n’as pas un parcours linéaire ! Tu as repris tes études plusieurs fois. Tu as changé de métiers à plusieurs reprises. Tu as aussi changé de secteur géographique. Ton parcours est une histoire inspirante pour nos lecteurs et auditeurs qui doutent de leur capacité à s’épanouir dans un nouveau métier, à aller vers une reconversion professionnelle. D’abord Pascale, en quoi consiste ton métier d’officiante de cérémonie ? »

– Pascale Quaglia : « J’ai la chance d’accompagner les gens dans les passages importants de leur vie. Ce que les anthropologues appellent les rites de passage. Et qui existent depuis très longtemps. On s’est aperçu qu’il était nécessaire de marquer les événements importants d’une vie par un rituel un passage. Il peut s’agir du mariage, de l’arrivée d’un enfant, de la mort. Il y a beaucoup d’autres choses. Chaque fois qu’il y a un avant ou un après qu’on veut signifier.

Pendant très longtemps ces rites se traduisaient par un passage à l’église, le plus souvent catholique. Aujourd’hui, beaucoup de gens se sont éloignés de l’Eglise pour diverses raisons. Ils n’ont plus de possibilités pour honorer ce passage. Il y a le passage devant l’officier d’état civil qui lit le code civil. Et c’est tout.

L’émotion vient d’elle-même. Je ne cherche jamais à la faire jaillir

Avec une célébration, c’est le côté symbolique et profondément humain qui ressort. Il y a des mots qui se disent, des paroles qui s’échangent, des rituels qui sont utilisés. On va parler de quelque chose qui est essentiel à chacun de nous. Chacun l’appelle comme il veut. Et c’est cet essentiel qui nous rassemble. C’est comme une histoire inspirante, l’émotion vient d’elle-même. Je ne cherche jamais à la faire jaillir. On est dans une dimension qui nous dépasse et qu’on n’a pas besoin de définir. On va pouvoir vivre cette dimension qui nous rassemble quelle que soit la divergence de nos convictions. Chacun peut être ce qu’il est, en même temps, nous serons en communion. »

 

une histoire inspirante _ portrait de Pascale Quaglia

En 1999, une semaine de marche dans le désert. Et une nouvelle rencontre inspirante.

 

Les Divergents : Tu n’es pas arrivée là par hasard. Tu as trente ans d’expérience dans l’accompagnement de détenus, de malades, de familles en deuil. Tu peux nous décrire comme tu as abouti à ta création d’entreprise et à cette nouvelle reconversion professionnelle ?

– « Je vais devoir remonter jusqu’à mon enfance. Mon histoire familiale a été difficile. Il a fallu que je trouve de la force en moi. Ma survie en dépendait. Il y a eu un instit, un prof, d’autres qui m’ont épaulée, entendue. Je pense notamment à un vieux monsieur, Mathieu. On avait fait les vendanges ensemble. On est devenu ami. Avec lui, je me suis rendu compte qu’on pouvait être vieux et totalement ouvert. À travers cette rencontre amicale, j’ai compris que tout était possible à n’importe quel âge. Je le crois depuis profondément. Là, à 64 ans, je suis en train de monter mon entreprise. »

Les Divergents : Tous les dix ans environ, tu as repris tes études. Pourquoi ce changement ?

– « Pour moi c’est simple, c’est la vie qui est à l’oeuvre. La vie amène des opportunités. Par exemple, quand j’avais une vingtaine d’années, des amis m’ont dit qu’ils me voyaient bien comme psychothérapeute. Cette idée a fait son chemin comme une graine qui germe. Toute ma vie, c’était comme ça. Faite de rencontres et d’opportunités. En juin 1981, j’ai rencontré un homme qui a ouvert mon horizon, Gérard.

Il m’a fait comprendre que tout était lié. L’infiniment grand et l’infiniment petit

Il m’a ouvert à l’essentiel de l’être humain. Il était musicien, mathématicien, conteur. C’était un homme extraordinaire, avec une culture phénoménale. Il m’a fait comprendre que tout était lié. L’infiniment grand et l’infiniment petit étaient en miroir. Nous faisions des cessions en groupe. On contemplait un cours d’eau, des arbres. Maintenant, il y a beaucoup de stages comme ça. À l’époque, c’était un précurseur. On peut dire que c’était un vrai chaman. Il a ouvert ma dimension spirituelle. J’ai compris que la base pour aller vers l’inconnu, c’est rentrer dans la découverte de ce que nous sommes. La découverte de soi. »

 

une histoire inspirante _ Pascale Quaglia qui sourit

Une histoire inspirante vécue d’abord en bord de mer. Puis le départ vers d’autres destinations.

 

Les Divergents : En 1999, nouvelle reconversion professionnelle, tu te diriges vers les sciences de l’éducation.

– « J’avais décidé de partir dans le désert, pour une semaine de marche en silence. Là-bas, j’ai rencontré une femme, et en discutant, elle m’a dit que je devais valider mes acquis d’expérience. Elle m’a convaincue de me diriger vers les sciences de l’éducation. À cette époque, je voulais me ranger, être salariée, avoir un boulot comme tout le monde. Alors pourquoi pas faire de la formation continue ? J’ai réalisé après coup que je n’étais pas du tout faite pour ça. Pour accompagner des personnes, oui. Mais je n’arrive pas à rentrer dans un moule. »

Les Divergents : Tu es une vraie divergente…

– « J’ai fait cette maîtrise car je voulais faire un sujet de mémoire sur le silence entourant l’inceste. J’avais besoin de comprendre. Cette maîtrise a été éditée, sous le titre “Le mur du silence”. Sous un nom de plume. Quand j’ai décroché ma maîtrise, c’était comme une reconnaissance subtile qui s’est faite en moi. Ce qui m’a fait beaucoup de bien. J’avais besoin qu’on reconnaisse mes qualités. Quand on veut changer d’activité, qu’on change d’orientation, qu’on veut créer sa propre entreprise, le doute est souvent là. On a alors besoin de retrouver cette conviction qu’on peut avoir confiance en nos capacités, notamment nos capacités d’apprentissage. »

Les Divergents : Malgré tes difficultés, tu ne t’es jamais laissé abattre. Et tu as écouté les opportunités.

– « Je pense qu’elles sont là tout le temps et pour tout le monde. Il suffit d’ouvrir les yeux. Il faut oser y croire et se dire “oui, je suis digne de ces opportunités”. Il faut les saisir et les reconnaître. Je pense qu’un parcours non-linéaire est un parcours d’une grande richesse. »

Les Divergents : Quels conseils peux-tu donner à celles et ceux qui voudraient se lancer dans une autre carrière et entamer une reconversion professionnelle ?

– « Croyez en vous. Chaque fois que vous avez fait un pas, félicitez-vous. Dites-vous merci. N’attendez pas d’être parfaits pour faire quelque chose. Cherchez la formation dont vous avez besoin et n’attendez pas de l’avoir terminée pour vous lancer. Mettez-vous en réseau. Cherchez des gens qui vont vous épauler. Écoutez cette intuition qui est là et qui veut s’exprimer. »

Propos recueillis par Damien RICAUT
pour le podcast Les Divergents

 

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